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Le Maître d'école de l'islam

Le maître d'école de l'islam
  Aurions-nous des leçons à en tirer ?

“Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas“ (Malraux)

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 ndlr:   Prêcheur parti de rien, Fethullah Gülen est à la tête d'un empire milliardaire voué à propager sa version de l'islam, morale, sociale, mystique et destinée à conquérir le monde.

* * * * * * *

Article  de Sylvie Arsever, de retour de Turquie le vendredi 4 janvier 2008.

 «Dans cette école, c'est différent. Les professeurs ont l'esprit de sacrifice, ils s'occupent de nous personnellement quand nous en avons besoin. Leur exemple nous enseigne le bon comportement moral.»

 Jupe plissée à mi-mollet, blouse à manches longues fermée à l'encolure, Altun est en dernière année du lycée technique Gülbahar Hatun de Trabzon, en Turquie. Elle y est venue pour être sûre de réussir: à la maison, elle avait de la peine à se concentrer sur ses devoirs.
 Ses parents peuvent être tranquilles. Dans l'internat, réservé aux filles, de l'établissement mixte, elle est à l'abri des dissipations du monde moderne. Et ses perspectives de carrière sont bonnes: les écoles de Fethullah Gülen affichent un taux record d'admission à l'université.
 
Après s'être multipliées en Turquie, ces écoles essaiment désormais dans le monde entier. Dans les républiques turcophones de l'ex-URSS mais aussi au Cambodge, en Indonésie, en Allemagne et dans plusieurs pays africains. Entre autres.

L'homme qui commande ce réseau est ambigu et insaisissable.
Né autour de 1940 dans l'est de la Turquie, fils d'imam, il a conquis la gloire par les prêches lyriques et envoûtants qu'il délivre volontiers en pleurant.

Il prône le détachement et l'ascèse mais règne sur un empire milliardaire comptant notamment une banque et des assurances.

Aux Etats-Unis où il a émigré en 1999, un fort courant d'admirateurs le voit comme un homme providentiel. Le théoricien musulman inespéré qui concilie islam et démocratie, engagement religieux et respect des autres croyances. En Turquie, une forte odeur de soufre flotte dans son sillage. Et beaucoup vivent dans l'angoisse du jour où «Fethullah Gülen reviendra, comme Khomeiny».
 
L'islam professé par le prêcheur turc ne ressemble guère à celui de l'ayatollah iranien. Mais son ombre portée sur la politique de son pays rappelle celle que Téhéran voyait émaner, dans les années 1970, de Neauphle-le-Château.
Elle s'exerce à travers plusieurs télévisions et radios, un quotidien de référence, une feuille populaire distribuée gratuitement et de nombreuses revues à fort tirage. Sans compter plusieurs centaines d'écoles, de répétitoires et de foyers d'étudiants, plusieurs associations et un influent think tank à géométrie variable, la plateforme d'Abant. C'est lors d'une réunion de cette dernière, dit-on, que le président Abdullah Gül a été convaincu de faire le chemin intellectuel qui l'a amené du fondamentalisme de ses débuts au néo-islamisme démocratique dont il se revendique aujourd'hui.

Le lycée Gülbahar Hatun fait partie de cet empire. Rien ne le distingue extérieurement d'un établissement public, si ce n'est peut-être la sagesse de l'uniforme porté par les filles et les enseignantes. Bustes et photos du père de la république laïque, Atatürk, trônent en bonne place dans toutes les salles, y compris à l'école maternelle.
 
Comme toutes les écoles de Fethullah Gülen, il est en fait géré par un groupe d'hommes d'affaires proches de son mouvement. Il est rentable: les écolages des enfants riches permettent d'accueillir un boursier pour dix élèves. Altun en fait partie. Pour le reste, son directeur, Saban Erdem, revendique la morale de sacrifice et d'excellence dont parle la jeune fille. Mais se défend énergiquement de faire de la propagande religieuse.

Hatice Demir est enseignante à Ankara. Elle a compilé les informations sur l'empire pédagogique de Fethullah Gülen. Il cache, assure-t-elle, un réseau d'endoctrinement et de recrutement très perfectionné, qui fonctionne un peu à l'image d'une secte: isolement de l'extérieur, double langage, soumission sans condition aux préceptes du groupe.

C'est en quelque sorte une version intermédiaire que donne Selim Yasa, ancien membre actif du mouvement qu'il continue à financer. Ses écoles, explique-t-il, ne visent pas que l'excellence. Elles préparent une jeunesse inspirée qui répandra l'amour divin dans le monde. Il décrit le processus pour y parvenir comme une forme d'entonnoir: beaucoup de choses différentes y entrent, mais seules des formes bien précises peuvent en sortir.  

La foi par la connaissance. L'idée ne vient pas de Fethullah Gülen mais d'un grand prédécesseur: Saïd Nursi, personnage coloré et atypique qui a accompagné la naissance du kémalisme en opposant astucieux et indéboulonnable.
Né en 1873 sur les bords du lac de Van, Saïd Nursi a commencé par faire un bout de chemin avec les courants modernistes qui souhaitaient réformer l'Empire ottoman. Dès ce moment, il a posé un point essentiel de sa doctrine: loin de s'opposer, la science et la foi ne peuvent que se renforcer. La poursuite de la connaissance est donc le premier devoir du croyant.
 
Il est de même faux, à ses yeux, de rejeter en bloc les valeurs occidentales comme le font à cette époque les conservateurs religieux. Si l'Empire ottoman s'apprête alors à «accoucher de l'Europe», ce n'est que partie remise. Plus tard, c'est l'Europe qui accouchera de l'islam.

Car l'islam est partout. Avant de s'écrire dans le Coran, la parole divine se lit dans le grand livre de la Création et chaque créature est donc, qu'elle le veuille ou non, musulmane. Cette vision mystique sert de refuge à Saïd Nursi à partir du moment où l'Etat national turc, loin de se tourner vers une version démocratique de la charia comme il l'espérait, rejette la religion à sa périphérie.
 
Mais cet exil intérieur ne l'empêche pas de devenir le chef d'un mouvement puissant, celui des nourdjous qui recopient et diffusent secrètement ses écrits. Il s'efforce de leur éviter l'affrontement avec le pouvoir politique. Après l'ignorance, la discorde est le deuxième des maux, prêche-t-il. Et à un courage personnel qui confine parfois à la provocation, il mêle jusqu'à sa mort en 1960 une prudence de Sioux s'agissant de la sécurité de ses disciples.
 
Cette prudence - certains n'hésitent pas à parler de dissimulation - est l'un des traits majeurs de la stratégie de Fethullah Gülen. De Saïd Nursi, il a aussi hérité une affinité émue avec le monde naturel et une attitude ambiguë vis-à-vis de la sphère politique et de l'Occident.
 
Le croyant, professe-t-il, doit s'accommoder des lois existantes et se concentrer sur l'aspect privé et social de la foi. Dans une société civile en expansion, c'est un domaine où l'on peut accomplir de grandes choses, il l'a compris. En Turquie, ses adeptes s'engagent pour une expression accrue du religieux dans la société. Ses forums de réflexion mettent l'accent sur la place de la foi en politique. Ses écoles visent à créer dans le monde entier une «génération dorée» qui marquera l'avènement d'un monde meilleur, plus éclairé, plus pacifique - et donc entièrement soumis aux préceptes sacrés du Coran.
 
Dans ce dernier, il distingue certes les commandements essentiels des autres - parmi lesquels il range le port du foulard pour les femmes. Mais c'est bien l'ensemble du message coranique qu'il espère voir un jour s'imposer au monde grâce à un processus sur lequel il reste peu explicite.

Les «maisons de lumière» dans lesquelles il a formé la première phalange de ses croyants sont des bastions de résistance aux tentations matérialistes de l'Occident. Des jeunes gens s'y regroupent et y vivent selon des principes religieux stricts - séparation des sexes, jeûnes et prières réguliers.

La lumière irradie aussi à l'extérieur, portée par les cassettes des prêches de Fethullah Gülen. Elle permet de recruter des donateurs, dont certains mettent des moyens importants à la disposition du mouvement. C'est grâce à ces derniers que peut s'édifier le réseau d'écoles, de foyers et de répétitoires qui a fait des Fethulladjis une force avec laquelle la Turquie doit désormais compter.

A partir de 1983, Turgut Özal, arrivé au pouvoir dans la suite du coup d'Etat militaire de 1980, desserre l'étau kémaliste autour de la religion. Fethullah Gülen devient fréquentable - d'autant plus, dit-on, que son mouvement constitue une alternative au fondamentalisme d'inspiration saoudienne qui anime le parti du Salut, alors en pleine expansion.

C'est à cette époque qu'il prend durablement pied dans le monde des médias, toujours selon le même modèle fort peu transparent qui laisse les investissements - et une part inconnue de la décision - à des hommes d'affaires proches de lui.
Ses journaux et ses télévisions ne réclament pas le règne de la charia mais une place plus large pour les valeurs musulmanes dans la sphère publique et une démocratisation de l'Etat - un discours qui fait écho a celui du parti au pouvoir. Comme ce dernier, le mouvement pratique face à l'appareil d'Etat une stratégie d'entrisme où ses adversaires discernent la vieille recette du cheval de Troie.
 
C'est la concrétisation de ce soupçon qui brise son élan en Turquie. En 1999, la chaîne ATV diffuse une cassette en principe réservée aux adhérents. Fethullah Gülen y incite ces derniers à élargir la place qu'ils ont conquise au sein de la Justice et du Ministère de l'intérieur, à viser haut sans se contenter de postes secondaires et à faire profil bas, réservant la pleine expression de leur foi pour le moment où ils auront réussi à s'approprier le pouvoir dans tous les organes constitutionnels.
 
Un procès est ouvert et la santé de Fethullah Gülen lui commande d'aller se faire soigner aux Etats-Unis, où il restera.

A ce changement de décor correspond une inflexion du discours. L'Occident n'est plus la Babylone d'où proviennent toutes les tentations mais un continent déboussolé dont les valeurs fondamentales, certes en perdition, sont identiques à celles de l'islam. Et où, en conséquence, le message du prêcheur, réduit aux espèces d'une morale conservatrice et autoritaire, peut trouver un espace d'expansion non négligeable.

Déjà engagé dans le dialogue interreligieux - il a été reçu par Jean Paul II en 1998 -, Fethullah Gülen insiste toujours plus sur les points communs existant entre les grandes religions. Et dans les écoles qu'il fait construire aux quatre coins du monde, on note moins de prosélytisme musulman que la promotion de cette morale aux forts accents d'ascétisme dont le versant religieux peut s'exprimer dans la foi locale.
 
Ouvert face aux autres croyances, Fethullah Gülen est résolument opposé au matérialisme. Pour bien marquer son désaveu du terrorisme islamiste, il a ainsi comparé ce dernier à l'athéisme, une déclaration qui a motivé par la suite quelques explications aussi embarrassées que peu convaincantes.

Reste le rejet du terrorisme. Il est sans ambiguïté et explique sans doute en partie la bienveillance qui l'entoure dans le monde anglo-saxon. La Chambre des lords a accueilli fin octobre un congrès, unanimement laudateur, consacré à la pensée de Fethullah Gülen et placé sous des patronages prestigieux, dont celui de la London School of Economic.

En Turquie, les résistances sont plus tenaces. Nombreux sont ceux qui soupçonnent le prêcheur de ne dire publiquement que la moitié la plus acceptable de ce qu'il pense. D'infiltrer les cadres de l'Etat dans le but d'en redéfinir les bases dans le sens de la charia. Et d'être une pièce maîtresse dans le jeu américain, qui viserait à installer à Ankara un régime islamiste ami susceptible de servir d'exemple modéré au Moyen-Orient.


Date de création : 04/01/2008 14:55
Dernière modification : 04/01/2008 14:55
Catégorie : Information


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