Pèlerinage
« réparateur des péchés publics de la France »
en Avignon,
le dimanche 27 novembre 2005
chapelle des
Pénitents Gris, 8 rue des teinturiers, à 10 H.
Depuis 1973, les Croisés du Sacré Cœur organisent des pèlerinages « réparateurs des péchés publics de la France », en France, mais aussi à l'étranger, en Suisse, Italie, Espagne, Pologne, Egypte, Israël.(voir les reportages photographiques sur
http://www.lunivers.info). Leur dernier pèlerinage « réparateur » eut lieu au Puy le 25 mars 2005, pour l'ouverture du « Grand Pardon ».
L'Année Eucharistique est certes terminée, mais le renouvellement du Sacrifice du Christ doit rester au
centre de nos préoccupations, de nos combats (de conversion personnelle ou de nos sociétés). C'est pourquoi les Croisés du Sacré Cœur appellent à participer aux
cérémonies commémoratives annuelles du Miracle eucharistique de 1433, qui se déroulent le 1° dimanche de l'Avent : cette année le 27 novembre.
Ces cérémonies se tiennent dans la chapelle des Pénitents
gris, où eut lieu le miracle de la « séparation
des eaux », avec la Confrérie des Pénitents Gris,
qui est pour ainsi dire « spécialisée »,
depuis Louis VIII, dans la dévotion eucharistique.
C'est en effet le 14 septembre 1226 que Louis VIII
ordonna, en Avignon, une cérémonie de
« réparation » (le mot est déjà dit) des
sacrilèges commis par les albigeois contre la Présence
Réelle.
Louis VIII venait de prendre Avignon, dernière place forte
des albigeois, après un siège de trois mois.
Rappelons que le culte extérieur au Saint Sacrement était
alors une nouveauté et ce n'est que le 11 août 1264
qu'Urbain IV institua la fête du Saint Sacrement, ou
Fête-Dieu, ou « Corpus Christi » que Clément V,
premier pape en Avignon, étendra à l'Eglise entière lors
du concile de Vienne en 1311.
Jusque là, et depuis le 5° siècle, la solennité du Corps
du Christ était en usage dans l'Eglise romaine, mais de
façon isolée, non obligatoire, sans procession.
La procession « réparatrice » du 14
septembre 1226 fut probablement l'une des toutes premières
processions du Saint Sacrement en Occident (1). Outre le
roi Louis VIII ses chevaliers et barons, y participèrent
un cardinal envoyé par le pape Honorius III, soixante
évêques et la foule avignonnaise.
Louis VIII, pieds nus, vêtu d'un sac volontairement
couleur de la cendre (gris), et une corde au cou,
conduisait cette procession « réparatrice » des
sacrilèges contre la Présence Réelle du Verbe
Incarné (2).
La procession de 1226 aboutit à une petite chapelle
appelée « Sainte-Croix » et Louis VIII demanda
que le Saint Sacrement y demeure exposé nuit et jour,
adoré par une compagnie d'hommes pieux.
De là naquit la « Royale et Dévote Compagnie des
Pénitents Gris d'Avignon », et, avec le temps, la
chapelle Sainte-Croix fut dénommée la « chapelle des
Pénitents Gris ».
Deux siècles plus tard : la nuit du 29
novembre 1433, une grande inondation, due au Rhône, à la
Durance et à la Sorgue, submergea Avignon et bien sûr la
chapelle, située sur le bord de la Sorgue.
Le lendemain matin, 30 novembre, en la fête de Saint
André, les maîtres de la compagnie se rendirent en bateau
à travers les rues jusqu'à la chapelle pour en retirer le
Saint Sacrement exposé.
Mais, en entrant, ils constatèrent que les eaux s'étaient
écartés contre les murs, laissant libre et sec le milieu
de la nef jusqu'au Saint-Sacrement sur l'autel. Cela
rappelle bien sûr le passage de la Mer Rouge par Moïse et
les juifs fuyant l'Egypte.
Un procès-verbal fut établi avec le concours des témoins
appelés pour admirer ce miracle de
« l'hostie sauvée des eaux ». Ce
procès-verbal était « écrit en lettres gothiques,
sur parchemin » selon le vidimus du prévôt de
Massilian (3).Il fut également vidimé le 18 juillet 1694
par le cardinal Fieschi, archevêque d'Avignon.
Dès 1433, la Compagnie des Pénitents gris décida de
perpétuer la mémoire de ce miracle eucharistique par une
fête anniversaire, au 30 novembre, en la fête de la
Saint-André. Elle est mobile de nos jours, au dimanche le
plus proche du 1° dimanche de l'Avent. De là vient la
coutume des pénitents, en cette fête et au moment de la
communion, d'avancer vers l'autel, par le milieu de la
nef, à genoux (4).
Et, lors du Congrès Eucharistique d'Avignon, en 1882,
Maître Augustin Canron pût s'écrier (5) :
« Voilà ce qu'il fut donné à nos ancêtres de voir
et d'admirer. Quatre cents ans et plus se sont écoulés
depuis ce merveilleux évènement et la mémoire en est
aussi fraîche dans notre ville qu'elle l'était le
lendemain du jour où il s'est
accompli »... « Quand on entre dans le
sanctuaire qui en fut le théâtre, il semble que l'on
entend ses pieux fondateurs dire à leurs descendants ce
que Josué disait aux enfants des hébreux, après avoir fait
placer au milieu du lit desséché du Jourdain douze pierres
au nom des tribus d'Israël : lorsque vos fils vous
demanderont ce que signifient ces pierres, vous leur
répondrez : les eaux du Jourdain se sont divisées
ici devant l'Arche du Seigneur pour lui ouvrir un passage
(Jos, IV, 6,7) ».
Avignon fut aussi le
lieu de deux autres évènements
eucharistiques :
-
en 1554 eut
lieu le miracle de l'Hostie
sanglante : Selon les
chroniques de l'ordre des Célestins (6) un
protestant ayant pu se procurer une hostie consacrée
la transperça d'un coup de poignard et il en coula du
sang. Repenti il se rendit au couvent des Célestins
pour y être admis comme religieux, en pénitence de ses
péchés (7). Les protestants essayèrent par sept fois
de s'emparer de l'hostie mais furent repoussés de la
ville par une force invisible. Le Propre du diocèse
raconte que « Toute la France admira notre
bonheur : au moment où l'hérésie frémissait de
tous côtés, Avignon fut totalement à l'abri de ses
coups. Il y a plus, une nuit que les hérétiques,
ayant mis la trahison à leur service, s'apprêtaient à
pénétrer dans son enceinte, un flambeau éclatant fit
miraculeusement le tour de nos remparts et détourna
les ennemis de leur dessein » (8 et 8 bis).
-
Les Congrès
eucharistiques débutèrent en Avignon en
1881 : Mademoiselle Tamisier, qui fit
partie de l'organisation de la procession jubilaire
des pénitents gris en 1876, soumit en 1881 à Léon XIII
l'idée des Congrès eucharistiques internationaux, qui
l'approuva et, dès 1881 eut lieu le premier congrès à
Lille. Le deuxième, en 1882 eut lieu en Avignon et la
chapelle des pénitents gris fut logiquement comme le
cœur de ce Congrès.
Comme le recommandait
Jean-Paul II (9) :
« Restons longuement prosterné devant Jésus
présent dans l'Eucharistie, réparant ainsi notre foi et
notre amour des négligences » :
la Messe du 27 novembre 2005 en
Avignon se poursuivra, tant qu'il y aura des adorateurs à
prendre leur tour, par l'adoration du Saint Sacrement...
pour réparer « notre amour des
négligences » dans la défense de la
civilisation de l'Incarnation du Verbe, face à la "culture
de mort".
__________
1 : Gallia christiana,
T.1
2 :Aujourd'hui :
les lois de la « culture de mort » aboutissent
aux lois et décrets sur la bioéthique qui admettent le
clonage, donc l'introduction dans le sanctuaire
primordial de Dieu : le génome humain, qui a permis
l'Incarnation du Verbe. C'est pourquoi on appelle la
loi française de bioéthique : la « loi
d'abomination ». C'est l'organisation du crime
contre Dieu. C'est pire que des actes sacrilèges, car
ceux-ci sont commis par des individus, seuls responsables,
alors que la loi d'abomination met en cause la France
entière. Elle fut votée au Sénat le 8
juin 2004 avec parution au J.O le 9 juillet. Et
le 29 septembre 2004 paraissait au J.O le premier décret
d'application autorisant l'importation de cellules souches
embryonnaires humaines.
Aujourd'hui,
le choix de
« réparer » cette loi d'abomination, cette loi
contre le Créateur incarné, en Avignon, « ville
eucharistique » par excellence, prend tout son sens,
si l'on rapproche la loi d'abomination des sacrilèges des
albigeois. Dans les deux cas, en privé ou
officiellement : c'est braver Dieu : dans Sa
Présence Réelle eucharistique ou dans le génome qui a
permis Son incarnation. Bien sûr, le pèlerinage du
27.11.05 prend en compte aussi la réparation des autres
« péchés publics » de la France, à commencer par
les autres lois de la « culture de mort », de la
conception à la mort naturelle.
3 : prévot de Massilian,
Co lections manuscrites, tome IV, 12 septembre
1558, Bibliothèque d'Avignon
4 : Eug. Couet, Les
miracles historiques du Saint-Sacrement, p.
220.
5 :Actes du Congrès
des œuvres eucharistique tenu en Avignon en 1882, p.
486.
6 : B. Gonon,
Historia eucharistica libris duobus digesta, Lyon,
1635.
7 : Eug.Couet,
Nouveau recueil de miracles eucharistiques,
p.136.
8 : Officia propria
dioecesis Avenionencis, 1856 et 1877.
8 bis : l'office
propre de saint Agricol, de 1671 et celui de 1741,
relate le même fait.
9 : Jean-Paul II,
Lettre Apostolique, Mane nobiscum Domine, 7 octobre
2004.