Espace Anthropo-éthique Rhône-Alpes
Coordinateur: Docteur
Doublier-Villette
Chemin du relais St Roch, 26400, Vaunaveys
04.75.25.11.88
villette@lunivers.info
http://www.lunivers.info
+ Vaunaveys le 28/03/2010
Lettre ouverte aux parlementaires,
suite à l'accusation du blog de bioéthique de l'épiscopat
Mesdames, Messieurs les députés et sénateurs,
Il n'est
pas agréable pour un catholique comme moi de mettre en cause un évêque, surtout
quand l'Eglise est l'objet d'attaques convergentes et c'est pourtant ce que
j'ai fait dans mon article "bioéthique: mise en accusation du blog des
évêques", paru le 27 mars sur http://www.lunivers.info
, organe de la Confédération Nationale des Familles Chrétiennes.
Dans cet
article j'accuse Mgr d'Ornellas, Président du groupe de travail des évêques sur
la bioéthique, d'être allié, consciemment ou non, de la "culture de
mort".
Je me fonde pour
cela sur ses propos inadmissibles, traduisant une méconnaissance de la doctrine
romaine en matière de bioéthique, lui faisant admettre ce que l'Eglise
condamne, notamment en matière de "don de gamètes".
Si à la
veille du vote de la loi sur la bioéthique j'attire votre attention sur cette
grave accusation, ce n'est pas en fonction de votre appartenance religieuse, mais
en fonction de votre rôle parlementaire.
Il me semble
en effet important de souligner que même un évêque comme Mgr d'Ornellas, Pt du
groupe de travail des évêques sur la bioéthique, peut se tromper et induire en
erreur l'Eglise de France, semant la confusion dans les esprits à un moment
décisif.
Cela signifie
que, malgré les Etats Généraux de bioéthique, malgré les rappels de Rome, rien
n'est clarifié et que l'on s'embrouille encore, à tous les niveaux, dans des
discussions de points de détail faisant passer à côté des références
essentielles condamnant certaines pratiques.
Vous seriez
donc excusables de ne pas voter une "honnête loi de bioéthique".
Et pourtant
c'est de vous que dépend l'avenir de la France, car, en dehors de toute considération religieuse, notre avenir commun dépend du respect ou non de la
"dignité de la personne", de la conception à la mort naturelle.
C'est
pourquoi, quoi qu'en dise Mgr d'Ornellas, et plein d'espérance en votre rôle
parlementaire, je tiens à vous rappeler qu'il est deux documents, brefs et
facilement consultables sur http://www.lunivers.info
à la rubrique "bioéthique et Téléthon":
·
l'Instruction romaine Dignitas personae (20 pages
abordant, en fonction du principe de la "dignité de la personne",
tous les cas litigieux de bioéthique).
·
Les résultats du référendum sur la bioéthique initié, à
l'occasion des Etats Généraux de bioéthique, par notre Espace Anthropo-éthique
Rhône-Alpes: 2 pages seulement.
C'est on ne
peut plus concis, pour dire ce qui est licite et ne l'est pas...toujours en
fonction de la "dignité de la personne".
Je joints ces
deux pages en note, à la fin de cette lettre.
Pour conclure, voyez bien que si le sujet est assez important pour
inciter un médecin catholique à accuser Mgr d'Ornellas, cela témoigne d'une
détermination à poursuivre le combat pour faire respecter la dignité de la
personne envers et contre tout, avant et après le vote de la loi sur la
bioéthique.
Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les députés et sénateurs,
l'expression de ma haute considération.
Docteur Doublier-Villette
Coordinateur de l'Espace
Anthropo-Ethique Rhône-Alpes
Président de la Confédération Nationale des Familles Chrétiennes
*************************************************************
Note :
Premiers résultats du référendum sur la bioéthique analysés
par l'Espace anthropo-éthique Rhône-Alpes
coordinateur: Dr
Doublier-Villette, chemin du relais St Roch, 26400 Vaunaveys
villette@lunivers.info
(et voir les notes sur les forums
"citoyens : http://www.lunivers.info
)
En fait de référendum il s'agit
de 37 questions, ce qui souligne la complexité du sujet.
Les premiers résultats permettent
de dégager de nettes tendances, au nom de la dignité de la personne humaine,
qui peuvent se résumer par la recommandation aux législateurs de refuser toute dérive eugéniste, même "provisoire
et encadrée", même au stade embryonnaire.
Certains reconnaissent l'embryon
comme une personne humaine, d'autres ne savent pas ce qu'il est, mais ces
derniers soulignent cependant que, l'enjeu étant si grand, la seule
probabilité de se trouver en face d'une personne suffirait à justifier la plus
nette interdiction de toute intervention conduisant à supprimer un embryon humain.
Pratiquement et précisément,
en matière de
recherche sur les cellules souches et sur l'embryon, comme
en matière de DPI et de DPN,
sujets à l'étude lors du "forum
citoyen" de Marseille
1°/ Il faut encourager la
recherche sur les cellules souches adultes, puisque ces cellules ne
présentent aucun obstacle éthique, ne suscitent aucune complication et donnent
d'excellents résultats, contrairement aux cellules souches embryonnaires.
2°/ Il faut interdire toute
recherche sur les cellules souches embryonnaires, même en les encadrant
provisoirement, comme on le fait depuis la loi de 2004.
3°/ Faut-il interdire aussi
toute manipulation de l'embryon ou du patrimoine génétique humain? Question
qui peut sembler facile en se référant à ce qui précède, mais qui se nuance,
toujours en fonction de la notion de "dignité de la personne"
(personne réelle ou probable), selon que l'on distingue l'ingénierie
thérapeutique de l'ingénierie génétique, du clonage et des tentatives
d'hybridation.
A: il faut interdire
l'ingénierie génétique (avec le but présumé d'améliorer ou de renforcer la
dotation génétique) qui favorise à l'évidence une "mentalité
eugénique" et introduit une stigmatisation sociale indirecte envers ceux
qui ne possèdent pas certaines qualités particulières. En outre, cette
ingénierie génétique met l'accent sur des qualités appréciées par des cultures
et des sociétés déterminées, qualités qui ne constituent pas par elles-mêmes ce
qui est spécifique à l'homme. Cela contredit la vérité fondamentale de
l'égalité entre tous les êtres humains, qui s'exprime par le principe de
justice, dont la violation, à la longue, et même "encadrée" au début,
finirait par mettre en péril la coexistence pacifique entre tous les individus.
En outre on se demande à qui il reviendrait de déterminer les critères
d'acceptabilité pour un "nouveau type d'homme"....
B: il faut interdire le
clonage humain, qu'il soit à visée reproductive ou thérapeutique ou de
recherche. Cela coule de source en fonction de ce qui a déjà été dit
puisque :
-
le clonage reproductif imposerait au sujet cloné un patrimoine génétique
déjà fixé;
-
le clonage thérapeutique aggraverait encore la situation en ajoutant la
destruction d'un être humain (réel ou probable): le bébé cloné.
C: il faut interdire les
tentatives d'hybridation, qui sont d'évidentes offenses à la dignité de
l'homme par le mélange des éléments génétiques humains à ceux d'animaux,
ruinant ainsi l'identité spécifique de l'homme.
D: il faut interdire
l'utilisation du "matériel biologique" humain d'origine illicite,
même si l'action illicite a été réalisée par des revendeurs ou des donneurs.
E: l'ingénierie
thérapeutique enfin nécessite un distinguo car elle ne tombe pas sous le coup
d'une condamnation absolue.
Il faut savoir que la thérapie
génique concerne, par définition, des maladies héréditaires. Par extension on
l'utilise pour des maladies non héréditaires, comme le cancer. Il s'agit de
tenter de réduire ou d'éliminer des défauts génétiques.
a: il faut encourager la
thérapie génique si l'action ciblée vise des secteurs déterminés de cellules
avec des effets limités au seul individu traité.
b: mais il faut interdire la
variante de cette thérapie génique: celle faite non plus sur un adulte, mais
sur un embryon, puisque cette variante ne peut être réalisée que dans le
cadre des techniques de la FIV (Fécondation In Vitro)... qui soulève les
objections éthiques qui seront étudiées au forum citoyen de Rennes (voir la
synthèse ci-dessous)
c: il faut interdire, mais
cela tombe sous le sens, la thérapie génique si l'action ciblée vise les
cellules germinales. Les effets obtenus sur le malade pouvant se
transmettre dans ce cas à son éventuelle descendance, on se trouve face à des
risques pouvant entraîner des répercussions sur la progéniture, ce qui est
inacceptable.
4°/ le DPI (Diagnostic Pré
Implantatoire) et le DPN (Diagnostic Pré Natal) renvoient aux
problèmes liés à l'AMP (Aide Médicale à la Procréation) qui seront étudiés par le forum citoyen de Rennes, le 11 juin mais dont le
référendum sur la bioéthique apporte déjà des éléments de réponses (voir la
synthèse ci-dessous).
Synthèse des premières réponses relatives à l'A.M.P
(utiles pour le forum du 9 juin à Marseille et thème du
forum de Rennes le 11)
1°/ Il faut encourager les
techniques d'aide au traitement de l'infertilité quand elles respectent: a)
le droit à la vie et à l'intégrité physique de tout être humain depuis la
conception jusqu'à la mort naturelle; b) l'unité du mariage qui implique le
respect mutuel du droit des conjoints à devenir père et mère seulement l'un à
travers l'autre; c) les valeurs spécifiquement humaines de la sexualité, qui
exigent que la procréation d'une personne humaine doit être poursuivie comme le
fruit de l'acte conjugal spécifique de l'amour des époux.
Le traitement hormonal de
l'infertilité d'origine gonadique, le traitement chirurgical de l'endométriose,
la désobstruction des trompes ou la restauration microchirurgicale de leur
perméabilité sont donc licites. Ce sont de vraies thérapies qui ne remplacent
pas l'acte conjugal, qui reste la seule technique digne d'une création
responsable.
2°/ Il faut exclure toutes
les techniques de fécondation hétérologue et celles de fécondation homologue
qui se substituent à l'acte conjugal: fécondation in vitro (FIV), avec sa
destruction délibérée d'embryons, injection intracytoplasmique de
spermatozoïdes (ICSI), variante de la FIV puisque opérée en dehors du corps des conjoints par l'action de tierces personnes.
3°/ Il faut interdire la
congélation des ovocytes, puisque cela n'a pour but que la FIV
4°/ Il faut interdire la
congélation des embryons et obtenir un moratoire à ce sujet.
5°/ Il faut encourager la
prévention de la stérilité (promouvoir une vie saine et éliminer
les facteurs de risques professionnels, alimentaires, pharmacologiques et
écologiques)
6°/ Il faut encourager
l'adoption par des mesures législatives appropriées.
7°/ Il faut interdire le DPI puisqu'il
ne sert qu'à réaliser des FIV...en éliminant les embryons ne correspondant pas aux
critères retenus.
8°/ Le DPN est à encadrer
pour confirmer des diagnostics permettant des traitements ou des opérations
prénatales, en interdisant l'usage du DPN à des fins eugénistes, comme pour le
DPI.
9°/ sont à proscrire enfin les
nouvelles formes de contraception: interception et contragestion, puisqu'elles
sont abortives (avant la nidification ou après).