Espace
anthropo-éthique
Rhône-Alpes
04 75 25 11 88
- villette@lunivers.info
Coordinateur
Docteur
Doublier-Villette
Chemin du relais St
Roch
26400
Vaunaveys
Vaunaveys
le 22 janvier 2010
Avant le vote de la loi
sur la bioéthique
Lettre
ouverte à tous les députés
et sénateurs de France
"derniers
recours contre
l'eugénisme officiel"
Madame,
Monsieur le député
Madame,
Monsieur le sénateur
Il n'est point besoin d'être long pour vous rappeler que vous êtes le
dernier recours contre la légalisation de l'eugénisme en France.
Le projet de
loi sur la bioéthique va vous être soumis, vous le savez.
Les Etats
Généraux de bioéthique ont eu lieu, avec, vous le savez aussi, l'aveu,
par ses organisateurs, de vouloir imposer la suprématie de la "démocratie
participative" sur la "démocratie parlementaire".
Et vous
savez
que la mission parlementaire sur la bioéthique vient de rendre son
Rapport avec
des conclusions inquiétantes :
·
Le rapport propose de supprimer le moratoire
de cinq ans qui garantissait un caractère expérimental pour la dérogation de la
recherche sur l'embryon, ce qui conforterait la libéralisation intégrale de cette
pratique,
·
le rapport supprime les deux conditions aux
dérogations à la loi
de 2004 pour faire des recherches sur l'embryon:
-
la "finalité thérapeutique majeure", remplacée par la
"finalité médicale" et l'on sait que parler de "finalité
médicale" c'est ouvrir les expérimentations humaines à tout ce qui
n'est pas du ressort de la cosmétique!
-
"l'absence d'alternative d'efficacité
comparable". Or il
existe des méthodes n'utilisant pas l'embryon, non seulement
d'efficacité
"comparable" mais supérieures,
·
le rapport affiche la volonté de développer
toujours plus la
sélection pour l'élimination de malades...et en commençant à nommer les
malades à éliminer, comme les trisomiques!
Où
allons-nous,
Mesdames, Messieurs les députés et sénateurs?
Vers quelle barbarie?
Et une barbarie au service des lobbies pharmaceutiques, vous le savez.
Vous en êtes le dernier rempart et vous le savez.
Pour faire face à la prétendue "démocratie participative" qui prétend
s'imposer à vous, à l'Assemblée Nationale comme au Sénat, l'Espace
anthropo-éthique a organisé un référendum dont voici les résultats
résumés en un simple recto-verso afin de clarifier les idées que beaucoup
s'acharnent à embrouiller pour imposer les leurs.
Veuillez
agréer, Mesdames, l'expression de mes respectueux hommages et
Messieurs,
l'assurance de ma haute considération.
Doublier-Villette
Premiers
résultats du référendum sur la bioéthique
analysés par l'Espace anthropo-éthique Rhône-Alpes
coordinateur : Dr Doublier-Villette, chemin du relais St Roch, 26400
Vaunaveys -
villette@lunivers.info
(et voir les notes sur
les forums "citoyens : http://www.lunivers.info,
rubrique "bioéthique et Téléthon")
En
fait de référendum il s'agit
de 37 questions, ce qui souligne la complexité du sujet.
Les
premiers résultats permettent
de dégager de nettes tendances, au nom de la dignité de la personne
humaine, qui peuvent se résumer par la recommandation aux législateurs de refuser toute dérive eugéniste,
même "provisoire et encadrée", même au stade embryonnaire.
Certains
reconnaissent l'embryon
comme une personne humaine, d'autres ne savent pas ce qu'il est, mais
ces derniers soulignent cependant que, l'enjeu étant si grand, la seule
probabilité de se trouver en face d'une personne suffirait à justifier la plus
nette interdiction de toute intervention conduisant à supprimer un embryon
humain.
Pratiquement
et précisément, en matière de
recherche
sur les cellules souches et sur l'embryon,
comme en matière de DPI et de DPN,
sujets
à l'étude lors du "forum citoyen" de Marseille
1°/
Il faut encourager la
recherche sur les cellules souches adultes, puisque ces
cellules ne présentent aucun obstacle éthique, ne suscitent aucune complication et
donnent d'excellents résultats, contrairement aux cellules souches
embryonnaires.
2°/
Il faut interdire toute
recherche sur les cellules souches embryonnaires, même en
les encadrant provisoirement, comme on le fait depuis la loi de 2004.
3°/
Faut-il interdire aussi toute manipulation de l'embryon ou du patrimoine génétique humain? Question
qui peut sembler facile en se référant à ce qui précède, mais qui se
nuance, toujours en fonction de la notion de "dignité de la personne"
(personne réelle ou probable), selon que l'on distingue l'ingénierie
thérapeutique de l'ingénierie génétique, du clonage et des tentatives
d'hybridation.
A: il faut interdire
l'ingénierie génétique (avec le but présumé d'améliorer ou
de renforcer la dotation génétique) qui favorise à l'évidence une "mentalité
eugénique" et introduit une stigmatisation sociale indirecte envers
ceux qui ne possèdent pas certaines qualités particulières. En outre, cette
ingénierie génétique met l'accent sur des qualités appréciées par des
cultures et des sociétés déterminées, qualités qui ne constituent pas par
elles-mêmes ce qui est spécifique à l'homme. Cela contredit la vérité fondamentale de
l'égalité entre tous les êtres humains, qui s'exprime par le principe
de justice, dont la violation, à la longue, et même "encadrée" au début,
finirait par mettre en péril la coexistence pacifique entre tous les
individus.
En outre on se demande à qui il reviendrait de déterminer les critères
d'acceptabilité pour un "nouveau type d'homme"....
B: il faut interdire le
clonage humain, qu'il soit à visée reproductive ou thérapeutique ou de
recherche. Cela coule de source en fonction de ce qui a déjà
été dit puisque :
-
le clonage reproductif imposerait au sujet cloné un
patrimoine génétique déjà fixé;
-
le clonage thérapeutique aggraverait encore la situation
en ajoutant la destruction d'un être humain (réel ou probable): le bébé cloné.
C: il faut interdire les
tentatives d'hybridation, qui sont d'évidentes offenses à la
dignité de l'homme par le mélange des éléments génétiques humains à ceux
d'animaux, ruinant ainsi l'identité spécifique de l'homme.
D: il faut interdire
l'utilisation du "matériel biologique" humain d'origine illicite,
même si l'action illicite a été réalisée par des revendeurs ou des
donneurs.
E: l'ingénierie thérapeutique enfin nécessite un distinguo car elle ne tombe pas sous
le coup d'une condamnation absolue.
Il
faut savoir que la thérapie
génique concerne, par définition, des maladies héréditaires. Par
extension on l'utilise pour des maladies non héréditaires, comme le cancer. Il
s'agit de tenter de réduire ou d'éliminer des défauts génétiques.
a:
il faut encourager la thérapie génique si l'action ciblée vise des secteurs déterminés de
cellules avec des effets limités au seul individu traité.
b:
mais il faut interdire la variante de cette thérapie génique: celle faite non plus sur un adulte,
mais sur un embryon, puisque cette variante ne peut être réalisée
que dans le cadre des techniques de la FIV (Fécondation In Vitro)... qui soulève les
objections éthiques qui seront étudiées au forum citoyen de Rennes
(voir la synthèse ci-dessous)
c:
il faut interdire, mais
cela tombe sous le sens, la thérapie génique si l'action
ciblée vise les cellules germinales. Les effets obtenus sur le malade
pouvant se transmettre dans ce cas à son éventuelle descendance, on se trouve face
à des risques pouvant entraîner des répercussions sur la progéniture, ce qui
est inacceptable.
4°/
le DPI (Diagnostic Pré
Implantatoire) et le DPN (Diagnostic Pré Natal) renvoient
aux problèmes liés à l'AMP (Aide Médicale à la Procréation) qui
seront étudiés par le forum citoyen de Rennes, le 11 juin mais dont le
référendum sur la bioéthique apporte déjà des éléments de réponses
(voir la synthèse ci-dessous).
Synthèse
des premières réponses relatives à l'A.M.P
(utiles
pour le forum du 9
juin à Marseille et thème du forum de Rennes le 11)
1°/
Il faut encourager les
techniques d'aide au traitement de l'infertilité quand elles
respectent: a)
le droit à la vie et à l'intégrité physique de tout être humain depuis
la conception jusqu'à la mort naturelle; b) l'unité du mariage qui
implique le respect mutuel du droit des conjoints à devenir père et mère seulement
l'un à travers l'autre; c) les valeurs spécifiquement humaines de la
sexualité, qui exigent que la procréation d'une personne humaine doit être poursuivie
comme le fruit de l'acte conjugal spécifique de l'amour des époux.
Le
traitement hormonal de
l'infertilité d'origine gonadique, le traitement chirurgical de
l'endométriose, la désobstruction des trompes ou la restauration microchirurgicale de
leur perméabilité sont donc licites. Ce sont de vraies thérapies qui ne
remplacent pas l'acte conjugal, qui reste la seule technique digne d'une création
responsable.
2°/
Il faut exclure toutes
les techniques de fécondation hétérologue et celles de fécondation
homologue qui se substituent à l'acte conjugal: fécondation in vitro (FIV), avec
sa destruction délibérée d'embryons, injection
intracytoplasmique de
spermatozoïdes (ICSI), variante de la FIV puisque opérée en
dehors du corps des conjoints par l'action de tierces personnes.
3°/
Il faut interdire la congélation des ovocytes, puisque cela n'a pour but que la
FIV
4°/
Il faut interdire la
congélation des embryons et obtenir un moratoire à ce sujet.
5°/
Il faut encourager la
prévention de la stérilité (promouvoir une vie saine
et éliminer
les facteurs de risques professionnels, alimentaires, pharmacologiques
et écologiques)
6°/
Il faut encourager
l'adoption par des mesures législatives appropriées.
7°/
Il faut interdire le DPI puisqu'il
ne sert qu'à réaliser des FIV... en éliminant les embryons ne
correspondant pas aux critères retenus.
8°/
Le DPN est à encadrer
pour confirmer des diagnostics permettant des traitements ou des
opérations prénatales, en interdisant l'usage du DPN à des fins eugénistes, comme
pour le DPI.
9°/
sont à proscrire enfin les
nouvelles formes de contraception : interception et contragestion, puisqu'elles
sont abortives (avant la nidification ou après).