Prochaine loi de bioéthique:
Valeurs Actuelles à l'honneur
La
synthèse de presse du 22 octobre 2009 de www.genethique.org
nous informe que le journal Valeurs Actuelles consacre un dossier à la
prochaine révision de la loi de bioéthique qui aura lieu début 2010. Recherche
sur l'embryon, mères porteuses et procréation médicalement assistée (AMP) sont
les principaux enjeux des futurs débats. "Autant de sujets où s'affirme
une certaine idée de l'homme et de sa dignité", explique le
journaliste.
Les partisans des mères porteuses ou de la gestation pour autrui (GPA)
soutiennent que tout peut être réglé par contrat "entre adultes
consentants". Or, le consentement suffit-il à fonder cette pratique au
risque d'ignorer la dignité de la personne ? Pour Sylviane Agacinski,
professeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales et auteur de
l'ouvrage Corps en miettes, le consentement est un concept nécessaire
mais non suffisant pour établir la liberté de la personne et garantir sa
dignité telle que la conçoit la société. Accepter que chacun soit juge de sa
propre dignité serait, poursuit-elle, adopter un point de vue libéral et
individualiste, dominant dans la culture anglo-saxonne.
A propos de la recherche sur l'embryon, rappelons que depuis 2004, la loi
l'autorise de façon dérogatoire quand elle a un but thérapeutique et qu'elle ne
peut être atteint d'aucune autre façon.
Valeurs Actuelles a accordé également une interview à Philippe Gosselin,
député UMP de la Manche
et secrétaire parlementaire sur la révision des lois de bioéthique au côté de
Jean Leonetti. S'agissant des mères porteuses, il estime que "nous
commettrions une grave erreur en légalisant cette pratique". Il
rappelle aussi que du respect de la vie découlent en droit, trois grands
principes : l'indisponibilité du corps humain, la gratuité du don et l'anonymat
du donneur. "Ni réification, ni marchandisation : l'homme ne peut pas
être réduit à l'état de chose et ne peut donc pas faire l'objet d'un
commerce", ajoute-t-il. Il souhaite que la France fasse entendre une
autre voix en Europe que celle de l'utilitarisme. Enfin, il rappelle que la
recherche sur les cellules souches adultes et sur les cellules de sang de
cordon sont beaucoup plus prometteuses (1) que celle sur les
cellules souches embryonnaires et qu'il n'est ainsi pas nécessaire d'autoriser
plus largement la recherche sur l'embryon.
Ces derniers propos rejoignent ceux d'Aude Mirkovic, maître de conférences en
droit privé à l'Université d'Evry qui souligne qu'aucun progrès thérapeutique
n'est attendu des recherches sur les cellules embryonnaires alors que les
cellules du sang de cordon peuvent déjà soigner 85 maladies. On met en valeur
le caractère pluripotent des cellules embryonnaires mais on oublie que des
lignées de cellules souches pluripotentes ont été créées à partir de cellules
souches pluripotentes humaines grâce aux travaux du professeur Yamanaka au
Japon (cf. Synthèse de presse du 21/07/09). Elle
s'étonne alors que le Conseil d'Etat, dans son rapport remis à François Fillon
en avril 2009 (cf. Synthèse de presse du 06/05/09) se prononce en
faveur d'un régime permanent d'autorisation encadré de la recherche sur
l'embryon. Et de conclure "la
révision de la loi de 2004, ne devrait-elle pas logiquement être l'occasion de
revenir au principe, en renonçant à la recherche sur l'embryon, laquelle,
si elle a toujours été inadmissible d'un point de vue éthique, est, en outre,
aujourd'hui injustifiable d'un point de vue scientifique ?".(1)
(1) Le 2nd Congrès
International pour une recherche responsable sur les cellules souches organisé
à Monaco du 26 au 28 novembre prochain présentera les travaux les plus récents
des meilleurs experts internationaux dans ce domaine.
Pour connaître le programme scientifique, le programme éthique et
s'inscrire:
cf. Synthèse de presse
du 20/10/09.
www.stemcellsmonaco2009.org
et
http://www.lunivers.info (article
précédant celui-ci)